Les lundis de l’environnement, A comme arbres

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L’homme rendait la justice sous un arbre et il faut lui rendre justice en le préservant!

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« A… comme arbres ».
Aperçu par Michaël BOURU.
A.T.E.R en doctorat de droit.

« Les arbres peuvent-ils agir en justice ? »
(STONE C., « Should trees have standings👈. Toward legal rights for natural objects »). Éminent article de 👉 Chris Stone qui posait la question de savoir si la nature en général, et les arbres en particulier, n’est qu’objet de droit ou si elle doit – et peut – être érigée comme sujet de droit. Problématique posée dans le cadre de l’affaire des séquoias de la Mineral King Valley en Californie. La société Walt Disney désirait y implanter une station de sport d’hiver qui détruirait des milliers d’arbres. La thèse de l’auteur démontrait ainsi que les arbres devaient se voir accorder un droit d’action en justice, au moins indirectement offert à des associations de protection de l’environnement pouvant défendre l’intérêt en justice de ces éléments naturels. C’est approximativement ce que se sont vus reconnaître les éléments en droit actuel. Ces associations peuvent ainsi porter devant le juge une action en réparation d’un préjudice écologique pur. Reconnaissance surtout retrouvée au titre de l’affaire Erika.

Si les arbres ne sont pas véritablement sujets de droit au sens premier du terme, comment sont-ils actuellement protégés ? La question est d’autant plus fondamentale que la forêt recouvre environ 27% du territoire français, soit approximativement 15 millions d’hectares.
Trois fonctions sont d’ailleurs reconnues aux arbres : économique car la nation doit disposer de ressources de bois suffisantes ; sociale pour l’amélioration du cadre de vie ; ou encore écologique dans la mesure où les écosystèmes doivent être préservés.

La très ancienne administration des eaux et forêts a pour charge de garantir cette ressource. Si la protection reposait plutôt sur un aspect productiviste jusqu’alors, l’aspect écologique a permis de mener à une protection des forêts désormais d’intérêt général. La ressource est d’ailleurs si large qu’elle peut faire l’objet d’une myriade de protections : conservation des habitats naturels par une protection des sites Natura 2000 par exemples, conservation de la vie sauvage et du milieu naturel ou encore des zones humides.

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L’enjeu est de ne pas se contenter d’observer la nature comme musée à ciel ouvert, mais de la protéger comme conservatoire de la biodiversité et des écosystèmes.

La protection des arbres fait aussi l’objet d’une protection par espace, notamment par l’institution de parcs nationaux ou encore de réserves naturelles, qui permettent de protéger la faune, la fore et les milieux naturels. Les arbres en tant que flore, les arbres en tant qu’habitats de la faune, et les arbres en tant que milieux naturels sont donc clairement visés.

En matière urbanistique, la forêt rencontre souvent malheureusement l’obstacle d’une présence spatiale qui s’éloigne toujours plus des villes et qui envahit progressivement le milieu rural. La conciliation des besoins écologiques et socio-économiques est donc cardinale en la matière. Et tous les acteurs sont concernés : l’Etat comme garant de cette ressource forestière ; les collectivités locales pour garantir un lieu de pratique sociale ; les particuliers comme usagers des promenades et des loisirs ; parfois le propriétaire privé comme détenteur de certains droits sur la forêt… L’objectif est en tout cas de faire primer l’intérêt général forestier. D’ailleurs, lorsque la forêt est privée, un établissement public, le « centre régional de la propriété forestière », collabore avec les propriétaires privés et instaure une politique de la forêt privée comme patrimoine collectif. Cet encadrement à la fois participatif à la fois incitatif permet de conserver plus durablement ce patrimoine commun.

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Au-delà d’une fonction purement écosystémique, l’arbre peut aussi avoir une fonction dans l’esthétique routière. Les arbres d’alignement ont parfois été considérés comme facteurs de multiplication des👉 risques d’accidents lorsqu’ils sont plantés au bord des routes. Les services routiers de l’équipement, en 1982, ont finalement admis que cette ressource contribuait justement à la beauté des paysages.

Plus globalement, la forêt est fondamentale au niveau international, d’autant plus que de trop nombreux phénomènes de déforestation sont apparus depuis plus d’un demi-siècle, notamment en Guyane française ou encore en Amazonie. Les traités internationaux se multiplient pour sauvegarder la ressource. Mais la France concentre trop souvent ses efforts, malheureusement d’ailleurs, dans la production du bois d’œuvre de qualité. Si l’objectif se fonde sur une gestion durable, soucieuse de la conservation de la diversité biologique, elle ne promeut pas prioritairement une protection très audacieuse pour la ressource « arbre » intrinsèquement. Notamment car l’activité d’exploitation économique est majoritaire… et qu’elle neutralise la gestion de la forêt en tant qu’émanation du service public. Au final, en quoi consiste véritablement cet intérêt général forestier que brandit prétendument l’Etat ?

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C’est le printemps et l’arbre est en plein renouveau, il a besoin de nous pour cela et pour faire en sorte que ses racines soient les nôtres ! Et vous, quelles sont vos relations avec les arbres et la nature? Cat et Michaël

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  1. Très bel article!!! Ma relation avec l’arbre, c’est une relation mêlée de respect, d’humilité, d’admiration, de reconnaissance… pas facile à définir. Les arbres ont tant de sagesse à partager, apportent tellement de soutien et de baume au coeur quand ça va moins bien. L’intime conviction que nous partageons une force de vie commune, un avenir entremêlé, leurs racines, les notres.

    Difficile cette question de la protection qui pourrait virer à une sanctuarisation (avec accès payant aux espaces naturels comme aux Etats Unis) qui n’est pas souhaitable. Pour moi, il faudrait favoriser l’expansion de ces zones plutôt que de chercher à les protéger jalousement. Difficile pour la cueilleuse, récolteuse reconnaissante et respectueuse de la nature de se considérer hors la loi et pourtant… devrais-je cueillir dans les parcs et jardins publics qui ne passent pas au zéro phytos? Oui, difficile question…

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    • Merci 😊… Je partage ton avis mais en France notre patrimoine de verdure est encore ouvert à tous et protégé… Et pourtant, il faut resté vigilant… Pour les pesticides, c’est une autre paire de manches car leurs ventes montent encore et qu’il faudrait aussi que le petit jardinier particulier en comprenne l’enjeu… Le bio commence à être plus présent mais là aussi, la vigilance est de mise car pour certains lobbys leurs racines s’appellent €… Alors que Nos racines sont toutes entremêlées et elles grandiront mieux sans poisons… Bonne cueillette, le printemps doit te ravir… Bonne journée Cécile.

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  2. Même si nous habitons en centre ville, nous avons dans des très grands pots des arbres.
    On ne peut pas vivre sans.
    Dès qu’on peut on part passer une journée en campagne, histoire d’en profiter un peu plus.
    Bonne journée !

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    • Merci pour ce joli message qui est très sage au contraire… Les arbres sont bienveillants mais dans la nuit leurs formes peuvent prendre des allures humaines et c’est cela qui est effrayant, non? Belle journée

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  3. Avant même de pouvoir emménager dans notre maison, alors qu’elle était encore en construction, nous avons planté notre premier arbre, pour tout dire notre sapin de Noël. Depuis nous en avons mis d’autres, et au fil des ans nous avons constaté une population croissante d’oiseaux de toutes sortes. Un vrai bonheur de les observer, et la preuve que les arbres sont essentiels à la vie animale, sans parler de la nôtre: je me nourris chaque matin des noix de nos noyers!

    Je déteste prendre l’autoroute, pour plusieurs raisons; l’une d’entre elles est l’absence d’arbres. Je me hérisse quand j’entends dire qu’ils sont la cause d’accidents sur les routes de campagne!

    Aux Açores, les gens en ont beaucoup coupés pour faire de plus grandes parcelles agricoles. Résultat: suite à de fortes pluies, il y a quelques années, les terrains se sont éboulés, créant des dégâts sur les maisons en contre-bas.

    Moralité: aimons les arbres, ils nous le rendent bien. Vous avez très bien fait d’écrire cet article. Merci!

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    • Mille fois merci pour ton retour, je partage avec Michael… Je suis complètement d’accord avec ton avis… Sachons écouter les arbres, ils ont des choses à nous dire… J’avais lu « Le journal intime d’un arbre » de Didier Van Cauwelaert ….Toi, qui aime les arbres, il est peut-être pour toi! Belle journée Joelle💋.

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