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Le mimosa, soleil de l’hiver

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Ma région est riche de senteurs toutes plus agréables les unes que les autres (👉🏼 rose centifolia, 👉🏼 jasmin, iris, mimosa, violette,👉🏼 citonnier, oranger, 👉🏼 lavande …). Ainsi, ce lieu a été choisi par les parfumeurs pour implanter leurs distilleries et des « nez » ont fleuri.

Ces fleurs et leurs parfums ont éveillé, également, l’envie à une de mes gentilles connaissances, enseignante (Simone Righetti) de créer des « Contes parfumés« . Je vous offre l’un d’eux pour vous souhaiter UNE TRÈS BONNE ANNÉE alors que cette étoile dorée commence déjà à pointer son nez.

                        LE MENDIANT ET LE MIMOSA

Gaspard et sa femme Baptistine, une fois encore, se querellaient.

Se reposer, se reposer, grognait Gaspard. Ce n’est pas en se reposant que les écus entrent dans la bourse. Notre terre est ingrate et donne peu. Même en la travaillant sans arrêt comme je le fais, c’est tout juste si elle nous nourrit ! Autre que se reposer! Si je t’écoutais, c’est pour le coup que nos affaires iraient mal!

Travailler, travailler sans jamais souffler, sans respirer un peu, sans regarder le paysage ni écouter les oiseaux ! Trimer du matin au soir, est-ce une vie, je te le demande ? Tu es une bête de somme et tu veux faire de moi ton bourricot. Et pour quel résultat?

C’était un soir de janvier, sombre et froid plus que de coutume. Devant leur feu qui flambait dur, les deux époux se disputaient, chacun essayant de couvrir la voix de l’autre. Soudain, ils se turent. Quelqu’un cognait à la porte. C’était un pauvre mendiant, boiteux, galeux, affamé.

Je vous en prie, bonnes gens, donnez moi à manger. Je suis à bout de force. Mes jambes ne me tiennent plus. La nuit tombe, je ne sais où aller…

Déjà Gaspard se préparait, d’une bourrade, à renvoyer l’homme à la nuit sombre d’où il venait. Mais voilà que Baptistine l’attirait vers la cheminée, le faisait asseoir et lui tendait un grand bol de soupe chaude.

Gaspard fut tellement ébahi de voir sa femme agir contre sa volonté, qu’il demeura bouche bée.

Réchauffez-vous, brave homme, dit-elle. vous passerez la nuit dans la grange. Il y fait chaud.

Le mendiant remercia, ému d’une telle sollicitude.  Gaspard adressait à sa femme des regards foudroyants et toutes sortes de signes rageurs. Sans paraître le remarquer, le vagabond s’en fut se coucher dans la grange. Quant au couple, il passa la nuit à se chamailler. Gaspard n’en revenait pas de voir ainsi Baptistine lui tenir tête. Celle-ci était en pleine révolte et bien décidée à imposer enfin sa loi.

Le lendemain, quelle ne fut pas leur surprise en voyant entrer le mendiant. Était ce bien le même ? Il n’était plus boiteux, ni galeux, ni affamé. Sa taille s’était redressée. C’était maintenant un bel homme bien vêtu qui leur parlait d’une voix profonde: 

– Je vous remercie, mes amis, de votre hospitalité. Il se trouve que j’ai quelques pouvoirs, car je suis le génie des collines. Faites un vœu, un SEUL. Je vous promets qu’il sera exaucé. Mettez vous d’accord et demandez ce qu’il vous plaira avant le lever du soleil.

Le génie des collines disparut à leurs regards.

Et naturellement, les époux n’étaient pas d’accord. Gaspard voulait des pièces d’or, une grande quantité de pièces d’or. Baptistine voulait un peu de douceur et de beauté dans sa vie si dure. Elle demandait autour de sa maison, un bois d’arbres fleuris.

– Tu es folle, clamait Gaspard. Nous avons une occasion en or, de devenir riches pour de bon, et toi tu gâches tout avec des sornettes complètement ridicules.

Baptistine n’en démordait pas. Elle voulait un bois d’arbres fleuris autour de sa maison. La nuit était bien avancée, qu’ils étaient toujours là à se contredire. Finalement Gaspard, voyant le jour se lever, décida de composer.

-Ecoute, moi je veux l’or, toi tu veux les arbres. Demandons des arbres couverts d’or. Nous serons contents touts les deux.

Baptistine réfléchit un moment et finit par céder. Ensemble, d’une seule voix, ils formulèrent leur vœu.

Le lendemain matin, une odeur délicieuse les éveilla. Quelle surprise en découvrant leur maison entourée d’une forêt d’arbres dont les branches ployaient sous le poids de belles grappes jaune d’or … UNE FORÊT DE MIMOSAS !

Vous pensez si Gaspard était furieux et Baptistine aux anges ! Mais déjà tout le pays était au courant. Chacun voulait, en cette saison froide, une touffe dorée que Baptistine leur cueillit volontiers.

Peu à peu, toute la colline, qui s’appelaient Tanneron, se couvrit de mimosas et se mit à embaumer. Gaspard et Baptistine soignèrent les arbres, récoltèrent les fleurs, en expédièrent dans les pays froids où les gens respireraient avec délice ce parfum ensoleillé.

La vie du couple fut transformée et Gaspard, obligé de reconnaître que la joie et la beauté sont nécessaires à la vie, au moins autant que les écus. (Simone Righetti)

Ce conte donne à réfléchir sur le sens que l’on souhaite donner à son existence. Parfois, il faut savoir écouter la petite étincelle qui pointe son nez. Regardez bien autour de vous, une vie dorée provient parfois des petites choses qui nous entourent. 

Cette boule dorée cueillie sur l’acacia deabalta offre un absolue de mimosa qui procure une sensation de réconfort et de paix. Mais peut-être que ce conte fleuri et parfumé vous déclenche un autre sentiment  !? Offrez nous, en partage, votre ressenti………Cat.

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